Une étude parue dans l’international journal of Wine Business Research, dresse des portraits types de buveurs de vin en observant leurs choix lors de dégustations. Quatre catégories en ressortent : les buveurs doux, les buveurs hypersensibles, les buveurs sensibles et les buveurs tolérants. On vous passe les détails, vous aurez compris : nos goûts en matière œnologique reflètent certains traits de nos personnalités.

Mais, quid de ceux qui n’apprécient ni le blanc, ni le rosé ? L’étude ne mentionne pas ces caractères particuliers. Relégués dans la catégorie des « inclassables » ? Des « roséblanphobiques » ? Personne n’en parle mais comment font-ils en été alors que la chaleur pousse plus volontiers à boire des vins plutôt légers et frais ?

Nous avons voulu réparer cette injustice et avons mené notre propre enquête.

Notre échantillon !

En bons « marketeurs » français nous voulions un échantillon irréprochable et des quotas impeccables, équilibrant les tranches d’âge, les sexes et les catégories socioprofessionnelles. (On avait lâché prise sur le tri croisé avec les différents départements, nous promettant d’y revenir si les résultats l’exigeaient.)

Mais, en bons « procrastineurs » humains, nous avions omis qu’il ne nous restait que 4 jours pour rendre notre papier et qu’en l’occurrence ça tombait sur le week-end de l’Ascension. Mais on s’est dit : « pas de problème sans solution ! » Oui, nous avons l’habitude de toujours retomber sur nos pattes. Nous nous sommes donc décrétés « marketeurs » anglais, c’est-à-dire estimant que l’échantillon qui se présente naturellement lors d’une étude, est justement l’échantillon représentatif.

Qu’avions-nous sous la main ? Ben, la bande de copains… Huit adultes et 3 enfants. Bref huit personnes pouvant répondre à notre enquête (les enfants ont préféré les coloriages). Trois femmes, cinq hommes, dont deux célibataires, tous dans la même tranche d’âge, quasiment dans la même catégorie socioprofessionnelle et tous habitant le même département. Vous l’apprécierez : nous sommes transparents sur notre échantillon.

Nos questions ! 

Par respect pour l’anonymat de chacun, nous n’avons pas demandé les noms, d’où cette première question :

Q1/ Vous êtes (cochez la bonne réponse) :

  • Réponse A : Une femme
  • Réponse B : Un homme

Q2/ En été, vous buvez plutôt (cochez la bonne réponse, une seule réponse possible) :

  • Réponse A : Du vin blanc
  • Réponse B : Du vin rouge
  • Réponse C : Du vin rosé

Q3/ Pourquoi plutôt cette couleur de vin ?

………………………………………………….

…………………………………………………. 

………………………………………………….

………………………………………………….

Sur les huit questionnaires, deux ont été invalidés. Un sondé ayant répondu « de la bière » à la question 2, et un autre « je ne sais pas » à la question 1.

Les deux réfractaires s’étant dénoncés, ils ont bien voulu répondre à nouveau au questionnaire, de manière sérieuse cette fois-ci. Nous vous livrons donc les résultats de notre enquête.

Les résultats ! 

Sur notre échantillon, constitué de 37,50% de femmes et 62,50% d’hommes, 62,5% répondent boire plutôt du rosé en été, 25% du blanc, quand seulement 12,5% disent préférer le rouge.

Chez les femmes, égalité parfaite : 33,33% pour chaque couleur de vin.

Chez les hommes, grand écart : 80% préfèrent le rosé, 20% le blanc et aucun ne boit du rouge en été.

Quant à la question 3, question ouverte, les adjectifs qui reviennent le plus fréquemment pour justifier la consommation estivale de blanc comme de rosé sont : désaltérant, frais, fruité, léger, floral, idéal pour accompagner les barbecues. La réponse de la seule personne ayant répondu « rouge », une femme, était désarmante de simplicité : « Parce que je n’aime que le vin rouge. »

Nous avons officialisé ces résultats lors de notre apéro du soir et ils ont alimenté les discussions tout au long du dîner qui a suivi.

Pointée du doigt comme une hérétique, la seule ayant coché « rouge » a mené un combat digne de celui de la chèvre de monsieur Seguin, contre, nous la citons : des « clichés ayant la dent dure », « une unanimité de république bananière », « des remarques de poilus mal léchés et d’hystériques trop sucrées ». Elle avait l’expression et la métaphore faciles, une voix grave et ne renonçait pas à convaincre sa bande. La preuve ne valant que par l’expérience, elle a servi un verre de sa bouteille à chaque adulte (les enfants étant couchés depuis longtemps) et leur a demandé de dire le premier mot qui leur passait par la tête dès la première gorgée de vin avalée.

« Gouleyant », « fruité », « léger », « frais », « floral », « désaltérant », « encore
Triomphale, elle leur a rappelé les réponses à la question 3 et les a tous mis d’accord avec un victorieux : « Alors ? »
« C’est quoi comme rouge ? », a demandé perplexe le plus ardent défenseur du rosé.
« Du Brouilly ! » a-t-elle répondu crânement.
« Tu en as encore ?! » s’est écrié la tablée.
« Toujours ! » a-t-elle rigolé.

Et la soirée s’est terminée joyeusement sous un ciel magnifiquement étoilé.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Notre boutique : https://www.espace-des-brouilly.com