Elles s’annoncent précoces cette année, aux alentours du 20 août, et promettent des crus d’exception. C’est une période intense et extrêmement importante pour tout viticulteur : c’est l’unique récolte de l’année, c’est le seul fruit qui permettra de produire le vin. Les cuves doivent être impeccablement propres et prêtes à accueillir le raisin. Le bon fonctionnement des tuyaux, pompes et pressoirs est scrupuleusement vérifié. Mais, si le stress est important, les vendanges n’en demeurent pas moins la période la plus joyeuse de l’année, synonyme de moments de grande convivialité.

Souvenirs de vendanges

Convivialité… C’est bien là le maître mot, car c’est elle qui marque chaque esprit, parfois plus que la récolte elle-même !

Lorsque la passion se transmet de génération en génération, les viticulteurs ont tous le souvenir des vendanges lorsqu’ils étaient enfants. De ces repas pris avec les vendangeurs dans la grande salle à manger rustique, ornée d’une immense cheminée et où jusqu’à cinquante personnes s’attablaient matin, midi et soir, parlant et riant fort, terminant les soirées en chantant. Deux semaines d’intense activité sur les domaines où l’on offrait le gîte et le couvert à ces courageux venus cueillir le fruit de mois de travail, de patience et de persévérance.

Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ?

Dans certains domaines, on loge et on nourrit toujours les vendangeurs. Pour un domaine de 30 hectares, il faut deux personnes en cuisine pour préparer le repas du matin, le casse-croute, le déjeuner et le dîner, pour les 40 vendangeurs et les 10 personnes travaillant à la cave. C’est la base pour tenir sur la durée : bien manger, dans une ambiance joyeuse !

Les normes de logement étant de plus en plus contraignantes, certains domaines n’embauchent qu’à la journée. Les vendangeurs rentrent alors chez eux le soir ce qui coupe un peu la belle énergie d’équipe.

D’autres domaines recrutent également des gens du voyage, qui viennent avec leurs caravanes. C’est encore une autre façon de faire : ils se débrouillent pour se loger.

L’ambiance varie donc selon les domaines mais les vendanges restent une expérience très appréciée de tous.  

Une journée type

Les vendanges sont manuelles et les journées de travail durent 8 heures. À ce rythme, il faut 20 personnes pour vendanger un hectare par jour. La cueillette commence à 8h00 et se poursuit jusqu’à midi, avec une pause « casse-croute » vers 10h00. Après un copieux déjeuner, reprise à 13h30 jusqu’à 17h30.

Cette année sera particulière. En effet, lorsque les vendanges sont précoces, on vendange dès 6h00, afin de profiter de la fraîcheur matinale. De plus, les règles de distanciation sociale, exigées par la prévention Covid, modifieront certainement les modes opératoires. Ces normes devraient être connues courant juillet.

Autrefois, on vendangeait à la serpette. Aujourd’hui, on lui préfère le sécateur, qui permet une coupe plus précise, davantage adaptée aux vendanges un peu plus mûres : le sécateur évite d’abîmer les baies (c’est à dire les grains de raisin).

Les grappes sont déposées dans un seau, régulièrement vidé dans la hotte du porteur. On entend les vendangeurs le héler, et les appels résonnent dans les vignes comme les chants qui viennent parfois rythmer la cadence.

Le « jarlot » d’autrefois n’avait pas de hotte mais portait une petite benne devant lui, dans laquelle les vendangeurs vidaient leurs seaux. L’expression demeure : « jarloter » signifie toujours vider son seau.

Une fois la hotte pleine, elle est versée dans un bac, sur un tracteur. Quand les bacs sont pleins, la récolte part au cuvage. Elle est soumise à un dernier tri, l’égrappage : une machine sépare les baies de la rafle (toute la structure verte de la grappe, autrement dit la tige.) Le raisin est ensuite mis en cuvée pour fermentation.

Les gestes et la surveillance des fermentations doivent être minutieux. La qualité du cru en dépend directement.

Qui peut venir faire les vendanges ?

Les viticulteurs privilégient toujours les « habitués » pour éviter les abandons en cours de récolte. En effet, il faut être en bonne forme pour supporter les journées, éprouvantes pour le dos et avoir une bonne résistance mentale pour tenir sur les 15 jours.

Mais tous ceux qui se proposent sont les bienvenus : jeunes étudiants ou jeunes travailleurs, saisonniers, passionnés posant des congés et revenant d’une année sur l’autre pour vivre cette expérience si particulièrement enrichissante.

Il faut avoir connu une fois dans sa vie, la rudesse de la journée suivie du repos et de la convivialité des soirées qui durent parfois tard le soir, au son des chants et des rires, avant les bâillements et la nuit qui mènera à une journée nouvelle.

Alors, prêts à tenter l’aventure ?  Vous vous demandez où vendanger ?

Retrouvez la liste des domaines en Terre des Brouilly : https://terredesbrouilly.com/domaines/

À très vite !